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Les élections législatives du 29 juillet 2018

Nous vous en avions déjà parlé dans une newsletter précédente en vous déconseillant de vous rendre au Cambodge à ce moment-là. Nous craignions en effet quelques incidents, qui n’ont finalement pas eu lieu. Le but de ces élections était de renouveler les 125 membres de l’Assemblée Nationale, la chambre basse du Parlement.

Comment ça marche ?
Le Sénat constitue la chambre haute. Les sénateurs sont, eux, élus via un scrutin indirect, par des conseillers municipaux. Le Sénat examine, dans un délai d’un mois (qui peut être ramené à cinq jours en cas d’urgence), les textes adoptés en première lecture par les députés. Si la loi est acceptée en l’état, elle est directement soumise au roi pour promulgation. La dernière élection sénatoriale date du 25 février 2018. Sur 62 sénateurs, 58 proviennent du Parti du Peuple Cambodgien du Premier ministre Hun Sen.

Rétroactes
Il y a 6 ans, les élections opposaient le Parti du Peuple Cambodgien au principal parti d’opposition, le Parti du Sauvetage National du Cambodge de l’opposant historique, Sam Rainsy. Ce dernier, exilé à de multiples reprises, suite parfois à des tentatives d’assassinat, fut autorisé à rentrer au pays. Il fut à deux doigts de remporter les élections (l’écart entre les deux partis était officiellement de moins de 300.000 voix). Comme d’habitude, l’opposition contesta les résultats des élections, des manifestations eurent lieu, qui furent toutes très vite réprimées. Après une courte période de dialogue entre les deux partis, l’hostilité du 1er ministre envers son opposant historique reprit de plus belle : en 2017, le Parti du Sauvetage National du Cambodge finit par être dissous, sans base constitutionnelle visible, à la demande de Hun Sen, et Sam Rainsy fut une nouvelle fois exilé. Dans le même temps, la presse indépendante fut muselée ou interdite.

Démocratie contestée
C’est dans ce contexte que les élections de juillet dernier ont eu lieu : le Parti du Peuple Cambodgien s’est présenté sans réelle concurrence (19 autres partis se présentaient mais la plupart n’obtiendront que moins de 1% des votes). Dès lors, l’Union Européenne comme les États-Unis ont suspendu leur aide pour l’organisation des élections, considérant que le scrutin « ne pouvait être considéré comme légitime ». L’ONG Human Rights Watch a dénoncé une parodie de démocratie et la partialité politique de la commission nationale électorale.

… et résultats interpellants ?
Les résultats préliminaires annoncés par la commission nationale électorale peu après le scrutin attribuèrent 114 sièges au Parti du Peuple Cambodgien, 6 au Front uni national pour un Cambodge indépendant, neutre, pacifique et coopératif (Funcinpec) et 5 à la Ligue pour la démocratie.
Le 15 août, néanmoins, la commission nationale électorale divulgua les résultats définitifs : le Parti du Peuple Cambodgien remportait l’ensemble des sièges de la Chambre. Le Cambodge vit donc actuellement sous un régime autoritaire, dirigé par Hun Sen, Premier ministre depuis 1985.